• Allocation de Rentrée Scolaire : une sénatrice veut « vérifier à quoi sert l’argent »

     

    Samia Ghali, sénatrice PS des Bouches-du-Rhône, souhaite « contrôler » davantage cette allocation 

    « Contrôler » davantage l’allocation de rentrée scolaire, afin qu’elle serve uniquement aux achats scolaires et périscolaires  et améliorer l’accompagnement des familles. Voilà ce que propose Samia Ghali, sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône. Versée à 3 millions de familles aux revenus modestes depuis le 20 août, cette allocation suscite régulièrement la controverse. Certains reprochent en effet aux parents bénéficiaires de ne pas utiliser toute la somme pour les besoins de leurs enfants.

    « Je suis pour le maintien de cette allocation mais une allocation contrôlée», explique Samia Ghali au Figaro. La sénatrice souhaite que cette somme serve uniquement aux achats liés à l’école ou aux enfants. «Sinon, il faut appeler ça une prime à la consommation», poursuit-elle. Avant d’enchaîner: «la majorité des familles gèrent bien leur budget mais d’autres familles ne savent pas gérer et la prime part ailleurs. Certains se disent: je vais acheter un frigo ou un écran plat ».

     

    Samia Ghali (sénatrice PS des Bouches-du-Rhône)

     

    Selon la sénatrice, certains enfants viennent à l’école sans matériel scolaire et les enseignants paient parfois de leur poche les fournitures manquantes (feuilles, cahiers, stylos, etc.). «Quand un enfant dont les parents touchent l’allocation de rentrée scolaire arrive à l’école sans matériel, il faut un signalement de l’Éducation nationale. Il faut demander à la famille pourquoi leur enfant n’a pas les fournitures adéquates. Il faut ensuite voir si cette famille est en difficulté et comment on peut mieux l’accompagner», estime Samia Ghali.

    Pour orienter l’allocation de rentrée scolaire vers des achats scolaires, la sénatrice propose deux pistes. La première: des chèques dédiés à l’achat des fournitures scolaires, sur le modèle des chèques cadeaux valables uniquement dans certains endroits. La seconde: qu’une partie de l’allocation de rentrée scolaire soit versée directement aux écoles, qui achèteraient ainsi elles-mêmes le matériel. «Il n’y aurait plus de listes de fournitures pour les parents et ça éviterait la course aux marques», argumente Samia Ghali.

     

    « Nous ne sommes pas favorables à un système qui jette de la suspicion sur les familles ». Hubert Salaün porte-parole de la PEEP nationale.

    Contactée par Le Figaro, la fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP) s’oppose à cette vision des choses. « Nous ne sommes pas favorables à un système qui jette de la suspicion sur les familles », nous explique Hubert Salaün, porte-parole de la PEEP. Avant de poursuivre: « Nous considérons que les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants et savent ce qui est bon pour eux. Responsabiliser, c’est faire confiance ». « Les gens qui ont des revenus modestes essaient de s’en sortir. L’immense majorité des parents, notamment les mères seules, utilisent cet argent pour financer les études de leurs enfants. Il y a les fournitures mais aussi les tenues de sport, les cartes de transport... Bien sûr, il est possible que certaines familles achètent des écrans géants mais c’est minoritaire », poursuit Hubert Salaün. Il conclut: « Il ne faut pas stigmatiser les familles ».

    Le débat sur les droits et les devoirs en matière d’aides sociales revient régulièrement sur le devant de la scène. Au début de l’année, le Premier ministre Édouard Philippe avait par exemple émis l’idée de demander des « contreparties » aux citoyens en échange du versement d’aides sociales...

      publié le 23/08/2019

     

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